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Proserpine Jefferson  Vide
 

Proserpine Jefferson

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Proserpine Jefferson

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— JOUEUR / JOUEUSE —
Because magic is might


Féminin
Localisation : Boëge
Nb de messages : 120

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Proserpine Jefferson  Vide
MessageSujet: Proserpine Jefferson    Proserpine Jefferson  EmptyVen 15 Oct - 22:08


IDENTITÉ
      Proserpine Jefferson  Preeeez

        Nom :
        Jefferson
        Prénom :
        Proserpine
        Date de Naissance :
        8 août 1988
        Race :
        Sorcière
        Camp : Neutre






PHYSIQUE & CARACTÈRE


Proserpine Jefferson  Prez Proserpine Jefferson  PreeezProserpine Jefferson  Prez

    Proserpine est petite et menue. Avec ses jambes fluettes et son poids plume, il est aisé de comprendre que la fillette n'est pas vraiment du genre caïd de la cour de récré. Son visage est encore marqué par les rondeurs de l'enfance, bien que certains de ses traits soient déjà bien marqués - son menton est taillé en pointe, et son nez grec ne fait pas toujours l'unanimité. La fillette a des yeux d'un marron foncé, la couleur la plus simple que l'on puisse imaginer. Ses cheveux, longs et épais, sont d'une même teinte brune, et son front est recouvert d'une frange bien nette qui lui donne un air studieux. La petite ne sourit que rarement de toutes ses dents, qui sont pourtant parfaitement droites et surtout parfaitement blanches, résultat de l'acharnement avec lequel elle se les brosse plusieurs fois par jour. Proserpine est toujours très soignée, et prète une attention toute particulière à son apparence; je ne veux pas dire par là qu'elle suit une quelconque mode, non, mais vous ne la verrez jamais mal peignée ou portant des vêtements froissés. L'un des buts que Proserpine s'est fixé dans la vie est d'être parfaite. Parfaite à regarder, parfaite à l'école; et puisque pour elle une apparence irréprochable joue un grand rôle dans la quête de la perfection scolaire, ses vêtements seront toujours d'une propreté et d'une symlétrie irréprochables. Elle porte la plupart du temps des jupes longues, des socquettes, des sandales et des pull-overs, noirs, blancs ou, à la rigueur, dans les tons bleus.

    Proserpine Jefferson  Preez

    Proserpine est, à bien des égards, une fillette parfaite; celle dont rêvent la plupart des professeurs et la plupart des parents, sage, polie, bien élevée, studieuse et discrète. Peu de personnes remarquent que ces qualités sont, chez elles, devenus des défauts à force d'être poussés à l'extrême. De fait, Proserpine n'est pas une enfant très sociable. Non pas qu'elle soit timide; mais la présence des autres enfants l'ennuie, voire l'exaspère. Cette bande de gamins ne comprennent rien à ses Valeurs, rien à l'Ordre, rien à la Discipline; ils ne pensent qu'à courir partout, à crier, à rigoler, et ça, ce désordre, ce chaos, Proserpine ne le supporte pas. C'est d'ailleurs une contradiction assez frappante chez cette enfant si sérieuse: autant Proserpine peut se montrer d'un calme olympien et d'une maîtrise parfaite, studieuse et raisonnable jusqu'au bout des ongles; autant la moindre contrariété, la moindre entorse faite à ses plans, à ses habitudes, le moindre manquement à l'Ordre peut la faire sortir de ses gonds, hurler, cogner et abreuver d'insulte le ou les gêneurs, fussent-ils deux fois plus grands qu'elle.








HISTOIRE


J'ai onze ans; j'ai une belle frange bien nette, bien brune, et des yeux marrons, et un air sage. D'ailleurs, je suis une fille très sage, tout le monde le dit. Je ne cause jamais de problème à personne, j'ai toujours les meilleurs notes dans toutes les matières, je suis discrète, je lis des livres pendant que les autres jouent au ballon, et je dis toujours merci et s'il vous plaît. Et je me lave les dents. Plus de trois fois par jour. Et puis, aussi, je compte.
Mais je sens que ce que je raconte, c'est un peu embrouillé. Normal; un peu embrouillé, ça l'est aussi pour moi... Pour que vous compreniez bien, je vais essayer de trouver un ordre. Je vais ordonner les onze années de ma vie, les mettre bien à plat, les faire rentrer dans le cadre rassurant des interlignes, et alors vous verrez peut-être qui je suis.
Je m'appelle Proserpine, Proserpine Jefferson. Certains trouvent mon prénom bizarre; c'est parce qu'ils n'y connaissent rien. Proserpine, pas moi, la première qui ait porté ce prénom, c'était une Déesse, et aussi la Reine des Enfers. Parce qu'elle était Déesse, elle faisait les saisons - elle créait la vie au printemps, et elle faisait mourir la nature, en hiver. Parce qu'elle était la femme de Hadès, elle vivait sous Terre, parmi les défunts.
C'est Maman qui m'a choisi ce prénom. Maman est gentille, drôle, blonde, toute mince; elle rigole tout le temps et elle fait des gâteaux le dimanche au goûter. Elle dit que les prénoms sont très importants, qu'ils définissent souvent une personne. Et c'est vrai que dans ma famille, ça se vérifie: elle, par exemple, elle enseigne la mythologie a des enfants, au collège; mais avant ça, elle a fait des études, et les histoires de dieux grecs, ça la passionne. Et justement, elle s'appelle Hélène (comme un fait exprès, c'est le nom d'une reine grecque. Mamy ne le savait pas à l'époque, mais quand même) C'est pendant qu'elle étudiait qu'elle a rencontré Papa; lui, il est Avocat, et il paraît qu'il est doué. D'ailleurs, il s'appelle Désiré; et c'est vrai que tout le monde le veut pour les procès. Il est surtout un peu sévère. Normal, il travaille beaucoup; mais il nous aime fort, ma soeur et moi. Ah oui, j'ai aussi une soeur; elle a trois ans de plus que moi, elle s'appelle Athéna. C'est la déesse de la Chasse et de la Guerre, et en effet, ma soeur est plutôt une teigne. Je ne lui demande jamais rien, mais elle passe son temps à me chercher des poux. Vraiment méchamment, parfois. Nous vivons tous les quatre ensemble, dans une jolie maison, avec un jardin plein de fleurs et une balançoire. Tout autour, il y a des champs, des vaches, des sentiers à l'ombre des arbres, et une belle rivière pleine de poissons. Il paraît qu'on appelle ça le bonheur.


Ma famille est "Moldue". Je crois que c'est ça, le terme pour désigner ceux qui n'ont pas de pouvoirs magiques. J'ai toujours su que je n'étais pas comme eux. Je ne sais pas s'il s'est toujours agi de "Magie", mais en tout cas, je sais qu'il y a en moi quelque chose de différent. Tout a commencé par une journée de bonheur.

    Ce jour-là, j'avais cinq ans. C'était mon anniversaire; on était en Août, il faisait beau et chaud, c'étaient les Grandes Vacances. Je venais de me lever, et je finissais de boire mon verre de jus de fruits quand Maman et Papa sont arrivés en chantant "Joyeux Anniversaire"... Papa avait un gros gâteau au chocolat dans les mains, avec les bougies allumées; mais ce que je regardais, moi, c'était ce que Maman portait. C'étaient des trous; avec autour des trous une boîte en carton; et autour de la boîte en carton un beau ruban rouge. Papa et Maman avaient un grand sourire sur les lèvres. Ils ont posé le gâteau devant moi.

    -Souffle! a dit Papa.

    Je soufflai; puis, vite, vite, je me jetai sur la boîte, je déchirai le ruban et là... là, je vis un petit chat. Le plus beau petit chat que j'aie jamais vu. Il était tout petit, tout mince; il avait des poils noirs, qui étaient déjà tout doux à regarder, et le bout des pattes blanches, comme s'il avait marché sur un nuage. Son oeil gauche était aussi entouré de blanc, et ça faisait comme un coup de poing en négatif; dedans, il avait les yeux jaunes et brillants, un peu perdus mais tellement affectueux... J'ai ri de joie. J'ai embrassé Papa, Maman, et j'ai serré le chaton contre mon coeur, très fort.

    -Il faut lui donner un nom, a dit Maman.

    -Pourquoi pas Princesse? a proposé ma soeur.

    -C'est un garçon, a rétorqué Papa. Et laisse Proserpine choisir.

    Alors, j'ai dit Scratch, comme le scratch de mes chaussures dont j'aimais tant le son. Athéna a fait une drôle de tête, comme si elle détestait ce nom, et qu'elle voulait me frapper d'avoir trouvé un nom aussi ignoble pour un chaton qui aurait été si beau en fille. Mais tous les trois, Papa, Maman et moi, on était très contents de ma trouvaille; et mon chaton d'anniversaire s'est appelé Scratch.

      C'est après que c'est arrivé.


      On était à la fin du mois d'Août. J'étais assise dehors, je dessinais comme je le faisais toujours - c'est à dire que je traçais des motifs à gauche de la feuille, et qu'ensuite je reproduisais les mêmes à droite. J'appris plus tard qu'on donnait à cette merveille d'esthétisme le nom grandiose de Symétrie. Scratch était allongé dans l'herbe, il faisait sa sieste d'après-midi. C'est alors que ma soeur est arrivée, par-derrière. J'ai d'abord vu son ombre, et j'ai arrêté de dessiner, pour ne pas faire trop de ratures quand elle me taperait sur la tête, comme elle le faisait toujours pour engager la conversation. Mais le coup n'est pas venu. Au lieu de ça, Athéna s'est assise à côté de moi. Je me suis autorisé à la regarder. L'expression de son visage ne m'a pas beaucoup rassurée; elle avait un sourire faussement gentil, et je me suis demandé ce qu'elle allait bien pouvoir me faire.

      -Tu veux que je te raconte une histoire? a-t-elle alors dit, contre toute attente.

      Je n'ai pas répondu. Ce n'était pas la peine.

      -C'est l'histoire de Scratch le chat.

      J'ai flairé le piège, et j'ai voulu me boucher les oreilles; alors elle m'a attrapé les poignets, et elle a serré fort.

      -C'est un chaton qui traverse la route. Tout à coup, un voiture arrive, et...

      Je ne voulais pas en savoir plus.

      -Et SCRATCH! LE CHAT!


      Devant mon air horrifié, ma soeur a éclaté de rire, et puis elle s'est levé et elle est partie en chantant fort - et faux.

      Alors l'Idée est venue.

      Je me souviens très bien de ce que j'ai ressenti à ce moment-là. Sous le soleil radieux, là, au milieu des fleurs, soudainement, une Ombre est passée. J'eus froid, tout à coup; je sentis un millier de présences maléfiques, tout autour, et je frissonnai lorsque l'Idée, la première de toutes, me frappa au ventre, ou plutôt me mordit très fort à l'intérieur du cerveau, comme ces gros chiens dont rien ne pourrait desserrer la mâchoire lorsqu'ils ont attrapé la gorge d'un adversaire.


      Mon chaton sur la route, pattes blanches sur bitume noir, une voiture énorme, rugissant comme un lion, le pneu démesuré, immense devant mon chaton si petit, qui le regarde d'un air étonné, ses petites moustaches frémissant au vent; et puis le poids de la voiture sur son petit corps tout chaud, les os qui craquent dans le silence, les organes applatis comme de la pâte tarte sous le rouleau à pâtisserie, le crâne qui explose, et quand la voiture est partie, le petit cadavre méconnaissable, écrasé, défiguré, et le sang qui coule et fait un ruisseau rouge sombre.


      Et là, à l'instant même où cette Idée s'est glissée dans mon cerveau, j'ai su que ça allait arriver. C'était tellement effrayant que j'en ai eu le souffle coupé. J'ai cherché des yeux mon chaton, qui dormait toujours. Je me suis précipitée sur lui; je l'ai pris dans mes bras et je l'ai emmené à l'intérieur, vite, en courant, j'ai fermé la porte, je suis montée m'enfermer dans ma chambre, et j'ai serré mon chaton contre moi, très fort, tellement qu'il miaulait et qu'il se débattait. L'Ombre était toujours là, oppressante, et l'Idée tournait en boucle dans ma tête, terrible; alors je me suis cachée sous ma couette et j'ai pleuré.


      J'ai dû m'endormir. C'est la main de Maman qui m'a secouée, beaucoup plus tard. Je me suis réveillée, et j'ai su tout de suite que c'était arrivé. Mon estomac s'est serré très fort, comme une grosse boule, et j'ai vu les Ombres tout autour, qui ricanaient dans les coins de ma chambre.


      -Ma puce, Scratch est mort.


      Je n'ai rien répondu. J'étais très calme.


      -Tu l'avais enfermé dans ta chambre, il miaulait. Nous l'avont laissé sortir, mais personne ne le surveillait, et il vient de se faire écraser. Ne va pas le voir, d'accord? On l'enterrera demain au pied d'un arbre en bois.


      J'ai hoché la tête, de gauche à droite. Je voulais voir. J'étais comme en-dehors de moi-même. Il fallait que je sois sûre, que j'aie la confirmation de ce que je savais déjà. Je me suis levée, et je suis allée sur la route. Il était là, méconnaissable, entouré d'un ruisseau de sang qui avait déjà un peu séché. Là, j'ai eu envie de vomir. Je suis rentrée en courant dans la maison, je me suis enfermée dans la salle de bain, et j'ai réfléchi.
      Proserpine Jefferson  Kitsuchiribybatsutora

      J'étais un monstre. C'est moi qui avais fait ça. J'avais tué mon petit chat, simplement en pensant à sa mort. Une puissance maléfique habitait en moi, dont le nom était celui de la Reine des Enfers; une puissance maléfique qui écoutait mes Idées et les réalisait. En pensant à mon chaton écrasé, j'avais fait écraser mon chaton! J'étais un assassin! L'ampleur de cette révélation me frappa alors de plein fouet. Et si c'était ma mère, que j'avais imaginé en train de traverser cette route?...

      L'Ombre ricana plus fort derrière la corbeille à linge sale, et la nouvelle Idée menaça de s'inviter dans mon esprit. Si je la laissasi venir, Maman allait subir le même sort que Scratch... L'Idée approchait, approchait, je devais faire quelque chose. Alors j'ai ouvert à fond l'eau chaude, et je me suis lavé les mains, frénétiquement. Une fois. Deux fois. Trois, quatre, cinq. Je les savonnais, puis les rinçais, puis les savonnais de nouveau. Six, sept, huit, neuf, dix, onze. Et là, comme par magie, la lumière est revenue, les Ombres se sont terrées dans le noir, redevenant invisibles, et l'Idée s'est éloignée de moi, vaincue par l'eau savonneuse, vaincue par mon décompte fébrile. Je continuai un peu, par sécurité; douze, treize, quatorze, je m'arrêtai à quatorze. L'Idée était partie au loin. J'étais vide et soulagée. C'était moins une.


      Cet évènement eut le mérite de me faire comprendre que j'étais Dangereuse. Je ne pense pas qu'il s'agissait de cette Magie qu'on veut m'enseigner à Poudlard... Non, Poudlard a l'air d'être un endroit agréable, et cette Magie-là est bien loin de l'être. Toujours est-il que je ne pouvais pas laisser vagabonder mon esprit, car dans ce cas, des malheurs se produiraient. Mais j'avais du même coup trouvé ce qui empêcherait les Idées de revenir. Les Idées craignaient les tâches répétitives, craignaient la discipline, l'ordre, craignaient les nombres. Si je m'imposais des règles de vie très strictes, si je disciplinais mon esprit, alors tout irait bien.

    Proserpine Jefferson  Proserpinesignature

      C'est ce que j'ai fait. C'est ce que je fais encore aujourd'hui.


      Chaque matin, je me lève tôt. Le chiffre huit est un chiffre que j'aime, un chiffre magique, plus puissant que les autres. La preuve, je suis née le 8/8/1988, et je possède des pouvoirs terrifiants. Je me lève, donc, très tôt, et je fais huit fois le tour de toute ma chambre, en touchant chaque meuble; le lit, la table de nuit, le bureau, la commode, l'armoire, la bibliothèque; et rebelote, le lit, la table de nuit... Pour les tours impairs, j'utilise la main gauche. Pour les tours pairs, la main droite. Je suis ambidextre, alors il faut bien que je fasse honneur à ce don.


      Ensuite, je vais dans la salle de bain, en marchant sur les carreaux du carrelage, et en évitant soigneusement les lignes entre. Je me lave les mains le même nombre de fois que le jour où nous sommes. Huit fois le huit, trente-et-une le trente-et-un (quand la fin du mois se rapproche, je dois me lever encore plus tôt pour ne pas me mettre en retard.) Ensuite je m'habille, d'abord un vêtement du haut, puis un vêtement du bas, avec en dernier les chaussettes, qui comptent comme un vêtement, pas deux. Après, je vais à la cuisine, en comptant le nombre de pas qu'il me faut pour atteindre ma chaise. Je m'asseois, trente secondes, puis je me relève, je me sers mon petit-déjeûner - une tartine de beurre-confiture de fraise, et un verre de lait froid. Quand la pendule du four affiche sept heures trente-cinq, je bois un grand verre d'eau; puis je me lave les mains une fois si l'on est un jour pair, deux si l'on est un jour impair. Je lave ma vaisselle, trois fois; je l'essuie, je la range, puis j'appuie sur chaque porte de placard pour m'assurer qu'elle est bien fermée - parfois, je l'ouvre et je la referme, quand j'ai un doute. Et puis c'est l'heure et je pars pour l'école.

    Proserpine Jefferson  Regt


    ***

      Je n'ai plus été embêtée avec les Idées pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'un jour, pas mal de choses très importantes se produisent.

      J'avais neuf ans, j'étais en CM1, c'était le printemps. Ce jour-là, je ne sais pas pourquoi, j'ai dormi longtemps. Bien trop longtemps. Maman m'a réveillée en me secouant par l'épaule, comme le jour où Scratch est mort, et j'ai compris que ce ne serait pas une journée comme les autres.


      -Il est huit heures, Prosy - je déteste qu'on me donne des surnoms. Mon nom semble peut-être bizarre, mais c'est mon nom, et j'en suis fière.


      Sans comprendre ce qu'il m'arrivait, je me suis retrouvée hors de ma couette. Maman m'a enlevé mon pyjama, m'a enfilé une robe, des socquettes, m'a posé mon cartable sur l'épaule, m'a presque fait tomber pour me mettre mes sandales, m'a donné une pomme et m'a jetée dehors avec un bisou.

      Je me suis retrouvée dans la rue, déboussolée, une pomme à la main.


      L'angoisse m'a alors saisie à la gorge; j'avais trahi toutes mes règles! TOUTES! Je n'avais accompli aucun de mes rituels! Je sentis la puissance maléfique que j'avais jusque là bridée se réveiller, se lécher les babines, les crocs luisants; et les Idées, toutes les Idées possibles se sont pressées à la porte de mon cerveau. J'étais tétanisée; il fallait que j'agisse, alors j'ai commencé à compter, très fort, presque en criant, et je me suis éloignée vers l'école, un pas à chaque nombre, lentement, régulièrement, et je me suis focalisée sur les nombres dont j'énonçai les noms magiques. Je suis arrivée à l'école très en retard, mais j'avais maîtrisé l'Ombre.


      C'est en tout cas ce que je croyais.


      A la récréation, je me suis installée comme toujours sur une pierre bien chaude, sous l'arbre à Garçons - les Garçons grimpaient toujours dans cet arbre à la récré -, avec sur mes genoux un cahier et sur le cahier une feuille de canson blanche, et j'ai commencé à dessiner de la Symétrie avec mon feutre à encre noire. C'est alors que Charles est apparu devant mes yeux, en cochon-pendu.


      -Eh, Proxy, qu'est-ce que tu dessines?


      Je ne lui ai pas répondu. Je n'aimais pas Charles. Lui, il m'avait bien aimé, avant; il était même amoureux de moi, mais moi, pas. Alors maintenant il me détestait un peu.


      -C'est moche! Aussi moche que toi! il a dit, méchamment.


      Je n'ai toujours rien répondu.

      -Pourquoi tu réponds pas?

      Et là, il a attrapé mon crayon, et il a griffoné mon dessin.

      Je n'ai rien pu faire. L'horreur m'a saisie à la vue de ce gâchis ignoble. J'ai senti mon coeur s'arrêter de battre; et une colère glaciale m'a envahit. Je n'ai rien pu faire. L'Ombre m'a pris la main, et l'Idée s'est imposée à moi sans que je cherche même à l'en empêcher. Je n'ai rien pu faire.


      Je voudrais que tu sois projeté au bas de cet arbre, sale serpent venimeux, que tu sois projeté contre le banc de pierre, là en bas, et que ta nuque se brise, et que tu meures, sale cochon, c'est pas par les pieds qu'il faut te pendre...
      Et là, une force invisible à projeté Charles en arrière, et il a littéralement volé vers le sol où il s'est écrasé avec un hurlement de douleur.

      Je suis restée tétanisée. C'était différent de tout ce que j'aurais pu imaginer. L'Idée ne s'était pas seulement réalisée d'une façon naturelle; on aurait dit de la Magie. Tout le monde s'est mis à courir dans tous les sens, la maîtresse est arrivée, puis les pompiers, et moi je suis restée là, debout, sans bouger, jusqu'à ce qu'on emmène Charles, qui avait la jambe cassée. Quand ça s'est calmé, je suis rentrée chez moi et je me suis lavée les mains et les avant-bras, deux-cent-cinquante fois, jusqu'à ce que je sois nettoyée de cette horrible chose que j'avais faite, jusqu'à ce que les miasmes du meurtre abject se soit dissipés dans l'eau savonneuse.


      Cet évènement eut une conséquence inattendue.

      Je reçus une lettre, accrochée à la patte d'un hibou. Il tambourina un matin au carreau de la cuisine. Cette lettre me disait à l'encre verte que j'étais une Sorcière et que j'allais pouvoir étudier au Collège Poudlard. Jamais personne, dans ma famille, n'avait entendu parler de Sorcellerie telle qu'elle était décrite dans cette lettre, ni d'un Collège Poudlard... Mes parents crurent à une farce; jusqu'à ce que les évènements du mois de Juin viennent effacer tout doute possible quant à l'existence de cet autre monde.

      J'allais apprendre la Sorcellerie. Cette idée me paraissait tellement saugrenue...


      Je me retrouvai alors embarquée dans une grande allée, où l'on me fit acheter toutes sortes d'objets et de substances étranges, d'ustensiles aux noms abracadabrantesques, et une Baguette Magique. Et je fus propulsée dans ce monde auquel je ne connaissais rien. Auquel, d'ailleurs, je ne connais toujours que peu de choses, bien que j'aie lu quelques-uns de mes manuels scolaires. Je vais prendre le train. Je vais vivre dans une sorte d'immense château et apprendre des sortilèges et des potions magiques. Mais je ne veux pas changer d'univers! C'est trop dangereux! Pourquoi ne le comprennent-ils pas? Ces gens que je vais rencontrer sont peut-être comme moi... Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur. Alors je compte, je compte depuis que j'ai su que j'allais partir, depuis deux jours, je compte sans arrêt, le tic-tac de l'horloge, les battements de mon coeur, le nombre de céréales dans mon bol. Je sais que ce n'est que comme ça que je parviendrai à surmonter ce que me réserve l'avenir. Si je reste forte et inflexible, tout ira bien.


ET VOICI MA VIE




[*]
[Cours] Astronomie - Vision de notre planète [Terminé] Première heure d'étude des Etoiles. De quoi faire rêver.



  • Rencontre Aseptisée: [Terminé] Je me suis retrouvée à l'infirmerie, après un bête accident de potions; et j'y ai fait la connaissance de Meliane Vanguard, une grande fille à l'air malade.



  • Entraînement Clandestin: [Terminé] J'étais tranquillement assise dans la salle des trophées, et je m'entraînais à lancer le sortilège qu'on avait appris en Métamorphose, Partium Coloris, sur une mandarine. C'est alors qu'une fille aux cheveux blonds, Cloé Wicked, est arrivée et a donné un coup de pied dans ma mandarine. Ce qui ne m'a pas vraiment plu. Au final, la directrice en personne est intervenu, et j'ai fait perdre cinquante points à la maison de Cloé.


  • Cours particulier: [Terminé] Après l'épisode de la mandarine, la directrice a décidé que Cloé allait devoir m'enseigner le sortilège Partium Coloris... contre sa volonté, bien entendu. J'avais un peu peur, vu qu'elle était à Serpentard et qu'elle m'en voulait sûrement beaucoup pour l'autre jour... pourtant, grâce à sa patience et à ses explications, j'ai réussi à colorier une barette en bleu!


  • [Cours] Botanique - Tentacula Vénéneuse [En cours] Début Novembre 1999. Aujourd'hui, en Botanique, c'est cours théorique. Le professeur Berkeley nous apprend ce qu'est une Tentacula Vénéneuse, mais un grand type de Gryffondor, Laurence Nixon, fait des siennes et se montre vraiment malpoli. Heureusement que je suis là pour aider le prof à le remettre à sa place.


  • La party du siècle. Non! Du millénaire! [Terminé] Fin Novembre, 1999. J'ai reçu une invitation à une fête de la part de Cloé. Puisque cela vient d'elle, je décide d'y aller... Il y a beaucoup de grands, mais je rencontre tout de même une fille de mon âge, Ethaen Délassil, de Poufsouffle. Par chance, Cloé se rend ensuite compte de ma présence et décide de m'apprendre à danser


  • Fin de soirée [Terminé] Fin novembre 1999. La directrice débarque à la fête de Cloé et nous ramène tous au château, où nous nous faisons sérieusement sermoner.


  • Morne Journée [Terminé] 2 décembre 1999. Alors que je me rends à la bibliothèque pour emprunter un livre, je tombe sur Meliane Vanguard, cette grande de Serdaigle que j'avais rencontrée il y a quelques temps. Elle est endormie contre la fenêtre, et je décide d'aller la réveiller.


  • Incident [Terminé] 5 décembre 1999. Je suis tranquillement à la bibliothèque avec les gens de ma classe, et nous préparons un dossier sur les Pitiponks, quand tout à coup, les autres décident qu'ils ont assez travaillé pour le moment et qu'il est temps d'arrêter. Je m'énerve, et finalement, tout ça se termine à l'infirmerie. Alors que j'attends qu'ils ressortent, assise sur une marche de l'escalier, un type, Kevin Dress, arrive... et nous nous retrouvons à parler très sérieusement du bien et du mal, au beau milieu du Grand Escalier.


  • Envie d'isolement [Abandonné] 25 décembre 1999. La neige m'a bloquée à Poudlard pour les fêtes, et comme je suis un peu triste, je décide d'aller ouvrir mes cadeaux dans un coin tranquille. Je me rends dans la salle des Trophées, mais il y a déjà quelqu'un... Tony Duprée, un grand de Poufsouffle, joue de la guitare. Il veut bien que je m'installe avec lui.



  • Les Aigles se serrent la main [Abandonné] 27 décembre 1999. Le château est presque vide, mais je rencontre tout de même deux filles, dans la salle commune des Serdaigles, qui sont restées à Poudlard pour les vacances...






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